Mélanie Loiseau, élève au lycée Jean-Monnet, lauréate nationale du Concours national de la Résistance et de la Déportation : retour sur une aventure collective

Lundi 21 et mardi 22 janvier 2019, Mélanie Loiseau et M. Ferradou ont été invités à Paris pour la cérémonie nationale de remise des prix aux lauréates et lauréats du Concours national de la Résistance (CNRD). Lundi 4 février 2019, cette aventure s’est clôt par une cérémonie au lycée Jean-Monnet au cours de laquelle M. Ferradou a remis à Mme la Proviseure Da Costa Dias la médaille de la Résistance, symbole de la réussite de Mélanie Loiseau et, derrière elle, de toute une classe et de l’ensemble du lycée. Retour en images sur cette belle aventure.

En mars 2018, les élèves de la classe de 1ère ES-L, guidés par M. Ferradou, leur professeur d’histoire-géographie, ont participé, dans la catégorie devoir individuel lycée, au Concours national de la Résistance et de la déportation (CNRD). Ils ont préparé le concours, qui avait pour thème « S’engager pour libérer la France », dans le cadre des cours d’histoire et d’Education morale et civique, en le reliant au thème du programme d’histoire « La République, [cinq] républiques » et en réfléchissant à la notion d’engagement en lien avec celle de citoyenneté.

Trois lauréates départementales et une lauréate nationale !

La première très grande satisfaction pour les élèves et leur professeur fut de voir que, parmi les 246 copies et quatre lycées participants dans le département de l’Orne, trois élèves de la classe ont été récompensées lors de la cérémonie départementale, à Alençon, le 13 juin 2018, pour la qualité de leurs copies : Ninon Heudiard fut reçue troisième, Anaïs Connan deuxième et Mélanie Loiseau première.

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Ninon, Mélanie et Anaïs lors de la cérémonie de remise des prix départementale à Alençon, 13 juin 2018. (Photographie Mme Lebatteux.)

Dès lors, la copie de Mélanie Loiseau fut envoyée à l’échelle académique où elle fut sélectionnée pour être transmise au jury national qui s’est réuni le 19 septembre 2018 sous la présidence de M. Tristan Lecocq, Inspecteur général de l’Education national. Ainsi la copie de Mélanie faisait-elle partie des 243 choisies parmi les 27 687 copies individuelles pour être envoyée au jury national. Mélanie fut alors désignée comme l’une des trois lauréat.e.s à l’échelle nationale (sans hiérarchie entre les trois lauréat.e.s).

Ce fut là une immense joie et un immense honneur pour l’élève et son professeur d’être récompensés pour ce concours, et peut-être plus particulièrement sur ce thème de l’engagement et de la refondation républicaine qu’incarne la Résistance. Ce fut donc avec beaucoup de plaisir et, disons-le, de fierté que Mélanie Loiseau et Mathieu Ferradou se rendirent à l’invitation du ministère de l’Education nationale, de la Ligue de l’enseignement et de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre (ONACVG) à Paris les 21 et 22 janvier 2019 pour participer à la cérémonie nationale de remise de prix.

Un voyage mémoriel à Paris

Les organisateurs ont proposé à l’ensemble des lauréats et à leurs enseignants un parcours culturel et mémoriel autour de la Résistance.

Le lundi, après avoir été accueillis à l’hôtel des Invalides, nous avons eu l’honneur de visiter, sous l’égide de M. Antoine Grande (ONACVG), directeur des hauts lieux de mémoires de l’Ile-de-France, le Mont-Valérien, où furent fusillés 1008 (ou 1009) résistants et/ ou otages, dont de nombreux communistes, et que le général de Gaulle choisit pour en faire un lieu de mémoire à la France Combattante qu’il inaugura le 18 juin 1960. Depuis, la flamme de la Résistance, jumelle de celle de la Nation, y brûle et jamais elle ne doit s’éteindre. C’est ainsi que nous eûmes une vive émotion en entrant dans la crypte où reposent les 16 combattants qui périrent pour la France pendant la guerre, représentant les différentes formes d’engagement et de combat pour libérer la France. En suivant le parcours des fusillés, nous avons pu retracer le chemin de ceux qui allaient être exécutés : de la chapelle dont les murs gardent encore la trace des graffitis inscrits par les condamnés, à la clairière des fusillés, permettant ainsi de mieux comprendre ce que fut la fin de l’itinéraire de ceux « qui aimaient la vie à en mourir ».

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Les lauréats nationaux devant le Mont-Valérien avec M. Antoine Grande. (© Canopé).

Suite à cette visite, nous avons eu l’honneur de participer à la cérémonie du ravivage de la flamme de la Nation et d’hommage au soldat inconnu à l’Arc-de-Triomphe. Mélanie fut même désignée pour porter, avec un lauréat collégien, la gerbe de fleurs qu’ils remirent aux officiels pour qu’ils la déposent sur la tombe avant de tous s’incliner devant elle. Puis, un autre élève raviva la flamme. La cérémonie, dans un froid vif, devant les officiers du protocole, avec les porte-drapeaux, un tambour et un clairon de la Garde nationale, fut un moment très particulier de solennité.

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Préparation du protocole cérémoniel de dépôt de la gerbe de fleurs sur la tombe sur soldat inconnu. (Photographie M. Ferradou.)
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Hommage au soldat inconnu. (Photographie M. Ferradou.)
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Les lauréats ont rallumé la flamme de la Nation. (Photographie M. Ferradou.)

Le mardi, nous avons visité le musée de l’Ordre de la Libération aux Invalides, plus particulièrement les deux espaces consacrés à la Résistance intérieure et à la Résistance extérieure où sont évoqués les parcours des 1059 compagnons de la Libération – de Felix Éboué à Jean-Pierre Vernant en passant évidemment par Jean Moulin et Charles de Gaulle, le fondateur – à travers leurs objets, ce qui permet de singulariser tous ces engagements individuels qui, assemblés dans un même lieu, dessinent ce que peut être le courage collectif d’une société refusant la défaite et l’ignominie en s’engageant très tôt dans la Résistance.

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Visite du musée de l’Ordre de la Libération. (Photographie M. Ferradou.)
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Les Invalides sous la neige. (Photographie M. Ferradou.)

Cérémonie au lycée Louis-le-Grand...

Enfin, après avoir découvert les Invalides sous la neige, nous avons assisté à la cérémonie de remise des prix au lycée Louis-le-Grand. Une exposition dans le hall du lycée mettait en valeur les travaux, individuels et collectifs, des lauréats. M. Gabriel Attal, secrétaire d’État à la jeunesse, et Mme Geniève Darrieussecq, secrétaire d’État aux Armées, échangèrent ainsi avec les lauréats avant de présider, avec M. Tristan Lecocq, la cérémonie de remise des prix. Mélanie a ainsi reçu un diplôme attestant de sa réussite ainsi que plusieurs gratifications dont une venant de la Fondation de la Résistance, présidée par Lucie Aubrac jusqu’à sa mort en 2007 et qui avait souhaité que les lauréats du concours soient ainsi récompensés.

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Moment d’échanges autour de leurs copies entre les trois lauréats nationaux catégorie devoir individuel lycée et Gabriel Attal, secrétaire d’Etat à la Jeunesse, sous l’oeil des photographes. (Photographie M. Ferradou.)
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Mélanie évoque le programme du Conseil national de la Résistance avec Gabriel Attal, Geneviève Darrieusecq, secrétaire d’Etat aux Armées, et Jean-Marc Huart, Directeur général de l’enseignement scolaire. (Photographie M. Ferradou.)
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Gabriel Attal remet à Mélanie Loiseau son diplôme de lauréate nationale ; le Général Robert Bresse, président de la Fondation de la France Libre, remet à M. Ferradou la médaille de la Résistance. (Photographie M. Ferradou/ M. Couronnet.)
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Les lauréats nationaux, collégiens et lycéens, dans la catégorie devoir individuel en compagnie de leurs enseignants. (© Fondation de la Shoah.)

Après la cérémonie, nous en avons profité pour faire un petit parcours dans le Quartier Latin sous la neige, entre le Panthéon et le jardin du Luxembourg, avant de rentrer dans le Perche…

... et au lycée Jean-Monnet

Une fois de retour, M. Ferradou, en compagnie des lauréates et des anciens élèves de 1ES-L, a pu remettre à Mme la Proviseure Da Costa Dias la médaille en bronze de la Résistance qui lui avait été remise par M. le Général Robert Bresse, président de la Fondation de la France Libre. Cette médaille, en compagnie du diplôme de Mélanie, permettra de conserver au lycée Jean-Monnet le souvenir de cette magnifique réussite et représentera l’attachement du lycée, nommé d’après l’un des pères fondateurs de l’Europe, aux principes de la Résistance et de la République refondée.

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Une partie des élèves de 1ES-L de l’année 2017-2018 lors de la cérémonie de remise de la médaille de la Résistance à Mme la Proviseure Da Costa Dias, lundi 4 février 2019. (Photographie Mme Depoilly.)

Cette médaille symbolise le travail et les qualités individuelles de chacune des lauréates – Mélanie, Anaïs, Ninon – mais elle rappellera également la réussite de toute la classe de 1ère ES-L qui s’est impliquée collectivement dans ce travail en étudiant notamment l’engagement d’Agnès Humbert mais aussi celui de Félix Eboué, René Génin, Marie & Joseph Hackin et tant d’autres… dans un moment précieux de réflexion et d’échanges collectifs autour de la Résistance et de la refondation républicaine de 1944-1945.

Ainsi s’est achevée cette belle aventure commencée l’année dernière avec la classe des 1ES-L. Collectivement, nous avons ainsi cherché à faire nôtre l’impérieux « examen de conscience » auquel Marc Bloch se livrait en 1940 dans l’Etrange défaite après la chute de la République. La République, analysait-il avec une terrible lucidité, était morte car les Français n’étaient pas ou plus républicains. C’est pourquoi le Conseil national de la Résistance, dans son programme, « Les Jours Heureux », du 15 mars 1944, avait reforgé l’unité nationale en refondant le Pacte républicain et en plaçant en son centre le Pacte éducatif pour faire vivre la République démocratique et sociale pour laquelle les résistants s’étaient engagés. La réussite de Mélanie, d’Anaïs, de Ninon mais aussi de tous les élèves de 1ère ES-L et, à travers eux, de tous les élèves du lycée, résonne ainsi avec peut-être plus de force, nous montrant que la jeunesse lycéenne de Mortagne-au-Perche s’est emparée de la promesse républicaine de 1944 et désire elle aussi ardemment s’engager pour faire vivre ces principes.

Mélanie Loiseau & Mathieu Ferradou

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